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Étape 020 : Elista (Kalmoukie) - Astrakhan (Russie)

  • 23 avr. 2019
  • 5 min de lecture

Mardi 23 avril 2019

Elista (Kalmoukie) - Astrakhan (Russie) : 317 km

La Kalmoukie ... une République tourmentée

  • Suite à la Révolution de 1917, quelques familles de cosaques fuirent la Kalmoukie pour la France, y créant une petite communauté Kalmouk

Ils s’installèrent dans les bassins miniers de Lorraine, d’Alsace et du Nord, mais également à Paray-le-Monial, Le Creusot, Vichy et Ugine ainsi qu’à Nantes et La Rochelle Parmi leurs 500 descendants toujours présents en France, le footballeur Jean Djorkaeff et son fils Youri

  • En 1935, la République Socialiste Soviétique Autonome de Kalmoukie (74.731 km2) voit le jour

En 1941, les forces du IIIe Reich envahissent la Kalmoukie En 1942, les allemands battent en retraite, suivis par 5.000 Kalmouks … certains par la suite combattrons les maquisards du Vercors ! A la fin du conflit ils sont regroupés dans des camps de réfugiés, près de Munich, où ils resteront sept ans

En décembre 1943, près de 100.000 Kalmouks, soit un tiers de la population, y compris les officiers de l’Armée Rouge, sont déportés, aux titre des “Peuples Punis“, dans des wagons à bestiaux vers la Sibérie : Krasnoïarsk, Novossibirsk, Omsk et Tioumen

600 temples bouddhistes sont détruits

  • Au décès de Staline, la République Autonome est restaurée, les Kalmouks ayant survécu y sont rapatriés

Lors de l’hiver 1951-1952, 528 Kalmouks quittent l’Allemagne pour les États-Unis, mais 150 restent à Dachau où, aujourd’hui, subsiste toujours une communauté Kalmouk

Aujourd’hui, 146.000 Kalmouks vivent en Kalmoukie (283.166 h), 200.000 en Mongolie, 140.000 en Chine dans le Xinjiang et le Qinghai

Les Kalmouks sont d’origine mongole et de religion bouddhiste

  • Le territoire est essentiellement désertique, si ce n’est au nord-ouest, où sont cultivés des fruits, du blé, de la betterave à sucre et de la vigne

La densité de la population, à l’âge moyen relativement jeune (33 ans) n’est que de 3,8 h au km2

De 1993 à 2010, le jeune Kirsan Nikolaïevitch Iljumžinov (30 ans lors de sa prise de fonction) fut le Président de la Kalmoukie

Cet homme prétend avoir été en contact avec des ovnis et avoir visité le pont d’un vaisseau spatial extraterrestre

Ce passionné d’échec, élu Président de la Fédération International d’échec (FIDE) en 1995, et toujours à sa tête en 2014, a fait d’Elista la capitale mondiale de ce jeu, y faisant construire la Cité Mondiale des Échecs

En 2006, à Elista eut lieu du 23 septembre au 13 octobre, le Championnat du Monde réunifié entre Wladimir Kramnik et Veselin Topalov (victoire de Kramnik)

Elista: 103.749 h

  • Rappelons avant d’entrer dans cette capitale, qu’en 1865, Elista ne comptait que 15 maisons !

De 1944 à 1957, Elista s’est appelée Stepnoy

  • Le complexe “Geden Sheddup Choikorling“

“Le Saint Monastère de la Théorie et de la Pratique de l’Ecole Geluk“, construit en 1996, sous la direction de l’architecte Vladimir Gilyandrov, à la périphérie de la ville Au bout d’une triple allée pavée, un très beau temple, fraîchement repeint, où dominent le rouge et le blanc, puis l’or au niveau du toit : “Syakyusn Syume“, inauguré en 1991 Lors de notre passage, il est malheureusement fermé Sur le côté, de nombreux moulins à prières Plus loin une maison pour les Lamas, et des stupas contenant les cendres du lama suprême de Kalmoukie : Sanji Lama

  • Le Temple “Golden“, est à couper le souffle !

Situé au carrefour des avenues Lénine et Ilyumzhinov, il fut inauguré le 27 décembre 2005 devant 5.000 personnes, en présence de Sa Sainteté, le Dalaï Lama Il s’agit du plus grand temple bouddhiste en Europe, appelé également :"La Demeure d'or du Bouddha Shakyamuni" Il faut dire que la statue de Bouddha mesure 9 m de haut, ce qui en fait la plus haute d’Europe Au sous sol, un Musée gratuit est consacré à l’histoire du bouddhisme Le temple est entouré de pagodes, de portes et de pavillons

  • La Place Lénine

L’accès à la grande place principale, peut se faire en passant sous une grande pagode, à trois toits, posée sur huit colonnes colorées. Juste après, sur un piédestal de 3 m, une statue de Lénine, habillé d’un grand manteau, les mains dans les poches

Cette statue fut déplacée du centre à cette extrémité de la place, pour faire place à une belle et haute pagode rouge et or à sept toits : La “Pagode des sept jours"

En son centre, un moulin à prière de 3 m de hauteur, que plusieurs personnes peuvent faire tourner en marchant en même temps (il est conseillé d’effectuer trois tours complets)

Pour y accéder, un escalier de marbre, avec 2 grandes boules blanche sur les côtés

Dans son prolongement, un jeu d'échec géant au sol (5 m x 5 m), fort apprécié des enfants et des adolescents, puis une grande fontaine, “La Fontaine des Trois Lotus“ avec, en son centre, trois colonnes, et, à leurs sommets, des fleurs de lotus dorées

  • Le Wagon et le Monument de la déportation

Des immeubles neufs de cinq étages entourent, sur deux des cinq côtés, une esplanade pavée, prolongée par une petite colline D’ici l’on dispose d’une vue complète sur Elista C’est en ce lieu que l’on a conservé, et transformé en petit musée, un wagon à bestiaux ayant servi à la déportation des Kalmouks. Des bornes en béton, avec sur chacune une année, marquent le temps du malheur L’on accède à la colline par un chemin circulaire

Au sommet, sur un monticule de galets, posé sur un socle blanc, une sculpture de très belle composition noire, composée de multiples créatures et objets agglomérés, avec notamment une grande tête de cheval

  • La Cité Mondiale des échecs

Elle n’est pas très éloignée. L’on y accède par une route des mieux entretenue, en passant sous un portique surmonté de 2 drapeaux et du sigle de la FIDE Il faut montrer patte blanche, et la barrière se lève Ce complexe de 37.000 m2, fut construit par les architectes S. Kurneeva et L. et A. Amnivova Boschaeva De nombreuses constructions modernes permettent aux étudiants de vivre sur place dans 150 appartements Le bâtiment principal, “City Chess“, ultra moderne, climatisé nous accueille. Ce lieu de rencontres scientifiques et culturelles, d’expositions, de colloques, de concours, et d’enseignement fut ouvert en 2001 Sur la gauche deux grandes maquette des lieux, au sommet, une rotonde vitrée entourée de tous les drapeaux des pays de la Fédération Internationale Des Echecs, la FIDE Sur les murs des panneaux avec les visages des champions : 20 pour les hommes, 12 pour les femmes, 8 pour les adolescents Un escalier circulaire ajouré, aux rampes en inox, permet d’accéder à différents niveaux

  • Le monument d’Ostap Bender, l’homme, qui dans le célèbre roman “Les Douze Chaises“ (1928) écrit à Odessa par Ilya Ilf (1897-1937) et Evgueni Petrov (1903-1942), cache les diamants dans l’un de ces fameuses chaises

A 58 km de l'arrivée, nous nous arrêterons devant un monument marquant la limité de l’avancée allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale Un double escalier, large, composé de sept paliers, mène à une double colonne, au sommet

Entre les deux colonnes, au dessus de 1941-1945, une plaque mentionne l’inscription suivante en deux langues (russes et kalmouk)

“Pour la Patrie, le sang versé toujours dans notre mémoire“

Sur le côté, au-dessus de 12 plaques en marbre, qui rappellent ici le sacrifice de certains, l’inscription, toujours en deux langues :

“Ici, la 28e Armée a livré bataille et défait l’Allemagne nazi, qui progressait vers Astrakhan“ Ce monument est en effet dédié à la 28ème Armée Rouge, celle qui a délivré la Kalmoukie le 28 décembre 1942

Un an plus tard, le 28 décembre 1943, Staline déplacera en 24h, près de 100.000 Kalmouks en Sibérie, aux titre des “Peuples Punis“ A sa mort en 1956, tous reviendront à Elista (sauf ceux décédés entre temps)

Et nous voici à Astrakhan (530.863 h.), dans les superbes chambres de l'hôtel Azimut, donnant sur la Volga

Astrakhan est située sur la Volga, près de son embouchure dans la mer Caspienne, à 1 276 km au sud-est de Moscou

Astrakhan a été un important point de passage de la Route de la soie (en partie en direction de Tbilissi et Erzurum)

La ville a donné son nom à l'astrakan (sans « h »), une fourrure de jeune agneau karakul, et à une variété de pommes, l'astrakan rouge

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